Présentation
Presse
Extrait : Vendetta
UNE AVENTURIÈRE qui meurt parce qu’elle se prend pour une sirène (Jenny Hanniver) ; la découverte d’un yéti femelle qui change le destin de l’humanité (Queen Kong) ; un maître-noyeur chargé d’étrangler puis de noyer, pour qu’elle ne divulgue aucun secret intime, chaque jeune concubine qui a partagé sa nuit avec l’empereur (La légende du maître-noyeur) ; un amnésique qui se souvient du futur (Le cas de Monsieur X) ; une improbable humanité affrontant un univers vertical (La Paroi) ; l’hypothétique survie de l’âme de l’auteur après sa mort sur les flancs d’un volcan bolivien (La momie d’âme).
Évoquant dans ces nouvelles extraordinaires la perte des références qui nous paraissent les plus habituelles, Sylvain Jouty entrâine le lecteur dans un univers à la fois familier et lointain, et provoque une désorientation troublante, un fascinant vertige.
Sylvain Jouty crée un monde de toutes pièces sans pour autant s’éloigner du nôtre. Un monde qui est le miroir logique et atroce de notre absurdité. C’est éclatant de talent.
Christian Congiu,
Nouvelle Donne, mai 2001.
Quant au recueil
Queen Kong (du nom de la femelle yeti qui, dans la nouvelle-titre, incarne les promesses d’un monde plus
humain
), il rassemble dix-sept nouvelles toujours surprenantes. Comme
l’Opération (celle-ci induit un doute majeur chez le patient qui en a — peut-être — été l’objet) où l’on pourrait voir une variation sur le principe d’identité ou, de façon plus abyssale, sur le clonage. Quant au
Cas de Monsieur X, il est en effet des plus étranges, puisque ce supposé psychopathe se souvient de son avenir et ignore tout de son passé.
La Légende du maître-noyeur ressemble à une facétie de Fred (le merveilleux père en BD de Philémon) fourvoyée dans l’effroi d’un conte des
Mille et Une Nuits.
Le Col est une remarquable allégorie sur la stupidité des guerres et
La Momie d’âme
clôt le recueil sur un récit où, au travers de péripéties savamment ésotériques, l’auteur en vient — clin d’œil mi-figue, mi-raisin — à mettre en cause sa propre identité ainsi que la légitimité de son écriture.
Ghislain Cotton,
Le Vif l’Express, 11 mai 2001.