Sylvain Jouty, retour à la page d'accueil

 

 
Livres  >>  L’odeur de l’altitude, roman
Le Livre de Poche n° 15414, 2003, 288 p., 5,50 €
Éditions Fayard, 1999, 302 pages, 18,60 €
Isbn  2-213-60440-1
Grand prix du salon du livre de montagne de Passy 1999
El olor de la altitud, traduction espagnole par José Luis Serrano,
éditions Desnivel, Madrid, 2001
Запах высоты, traduction russe И. Галина, éditions AST, Moscou, 2006.
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Extraits

Présentation

Quatrième de couverture

PORTÉ par la collision entre l’Inde et le Tibet, l’Himalaya ne cesse de s’élever, nous apprend la tectonique des plaques. Il en va ainsi du Sertog, sommet imaginaire qui est l’un des héros de ce roman : montagne sacrée au XVII e siècle, estimé plus haut que l’Everest en 1913, il demeure, vers 1980, le plus haut sommet inviolé du monde — donc le plus précieux pour les alpinistes.

Là où le sous-continent indien vient percuter l’Asie, trois plaques narratives s’entrechoquent, trois époques, trois styles. Au XVII e siècle , deux Jésuites venus évangéliser le Tibet ; en 1913, une expédition internationale aux prises avec les dangers de la haute altitude, et qui se termine en catastrophe ; enfin, un superalpiniste solitaire contemporain, qui doit pour gravir la montagne non seulement lire le relief, mais également les traces contradictoires de ses prédécesseurs.

L’histoire bute sur une aporie, celle du sommet, moment de l’indicible au-delà duquel il n’y a rien, ou tout : la mort, la légende, le mensonge ou les dieux. Du véritable sommet, on ne redescend jamais, et les seuls mots adéquats sont ceux de la fiction, c’est-à-dire de l’énigme. Évitant les clichés des livres de montagne, ce roman redonne à celle-ci son relief, sa complexité et aussi ses implications diverses et profondes dans l’histoire humaine, à un moment extraordinaire où l’imaginaire rejoint la réalité — en témoigne la découverte récente du corps de Mallory sur les flancs de l’Everest…

Sylvain Jouty connaît très bien la montagne et son histoire, qui sont ses domaines professionnels. Après deux romans et un recueil de nouvelles, c’est la première fois qu’il les aborde par la fiction.

Presse

L’exigence de ce roman est tellement rare dans la littérature française de cette fin de siècle qu’elle mérite qu’on s’y arrête et qu’on salue son auteur, Sylvain Jouty. Voilà un livre fort, plein, maîtrisé. Une rencontre qu’on a hâte de faire partager comme un secret. […] La révélation finale fait résonner ce roman longtemps après l’avoir refermé. On a envie de dire qu’on respire mieux en redescendant de ces sommets. Car cette tragédie humaine nous parle aussi de nous, aujourd’hui, ici-bas.
Christian Sauvage, Le journal du dimanche, 12 septembre 1999.

L’ensemble, mystérieux, fascinant, est tout bonnement l’un des plus beaux livres de cette rentrée. Jouty prouve que l’esprit de quête bouge encore. Il sait surtout l’écrire, ce qui est encore bien mieux.
Michel Crépu, L’Express, 7 octobre 1999.

Ce roman dont la lecture vous empêchera de regarder derrière vous — attention à la chute — est sans doute la cime de la rentrée littéraire de cet automne.
Christine Arnothy, Le Parisien, 19 septembre 1999.

L’Odeur de l’altitude procure parfois le même plaisir qu’une bande dessinée, et d’autres fois celui d’une lecture serrée, riche, qui mène de l’expression du XVII e siècle truculente ou sceptique des jésuites à la pensée de l’alpiniste dépouillée par l’altitude.
Christine Fiszer-Guinard, Les Inrockuptibles.

Contrairement à l’apparence, l’alpinisme n’est pas vraiment le sujet [de ce roman], seulement le prétexte pour une sorte de méditation sur la fascination d’un sublime inatteignable et sur l’inconnu, inviolable comme ce sommet mythique et métaphorique. […] Un tel sujet est délicat, complexe. En étayant la fiction de situations réelles, l’auteur a su le dominer et en faire un roman qui a du corps et de l’âme.
P.-R. L., Le Monde des livres, 10 septembre 1999.

Ces récits s’emboîtent pour arriver à un beau livre d’aventure, à la fois humaine, mystique et sportive. Sylvain Jouty nous dit que le sommet n’est jamais atteint et que le but le plus intensément recherché ne peut être rejoint que lorsqu’il n’est plus un but .
Le propos du romancier, qui met notamment en scène des alpinistes pris dans la tourmente, tout près du sommet (et qui, pour la plupart, ne reviendront pas), résonne étrangement après la découverte en mai [1999] près du sommet de l’Everest, du cadavre du Britannique George Mallory. Il est vraisemblablement mort dans une chute alors qu’il descendait du toit du monde en 1924.
Claude Casteran, dépêche A.F.P., 13 septembre 1999.

Dans tout débat sur la littérature alpine revient comme un leitmotiv l’absence, en ce domaine, d’un équivalent de Moby Dick … Sylvain Jouty pourrait bien être le Melville de la montagne avec ce roman.
L’Alpe, automne 1999.

Sylvain Jouty sait insuffler lyrisme et émotion à ces pages vibrantes, d’un courage surhumain qui mène à l’extase mystique des hauts sommets.
Notes bibliographiques, août-septembre 1999.

L'odeur de l'altitude, troisième roman de l'auteur de la Région massétérine (Denoël, 1988) qui nous mène sur les sentiers du Sertog, montagne mythique, plus haut sommet du monde dont l'existence est en même temps certaine et douteuse : un texte à lire en regard du Mont Analogue de René Daumal. Car c'est une évidence, le roman de Jouty répond à l'inachèvement de celui de Daumal tout en produisant une quête fantastique le long des pentes du Sertog à trois époques différentes de l'histoire.
Matthieu Baumier, Supérieur Inconnu, n° 17, janvier-mars 2000.

Enfin, pour ceux qui, en ces temps de canicule, recherchent un peu d'air frais, ou mieux encore sont adeptes d'alpinisme spirituel, on conseillera L'Odeur de l'altitude, de Sylvain Jouty. Un récit qui, en trois temps, mène au sommet - imaginaire - du Sertog pour une méditation sur la fascination de l'inconnu et de l'inatteignable.
Ch. R., Le Monde des Livres, 18 juillet 2003.

Les récits s'emboîtent pour aboutir à un beau livre d'aventure, à la fois humaine, mystique et sportive. Sylvain Jouty y écrit que &« le sommet n'est jamais atteint » et que « le but le plus intensément recherché ne peut être rejoint que lorsqu'il n'est plus un but ». Écrit par un grand connaisseur de la montagne […], ce livre situe la montagne dans l'histoire humaine, alors que, ces derniers mois, l'actualité a rejoint la fiction. Le propos du romancier, qui met notamment en scène des alpinistes pris dans la tourmente tout près du sommet (et qui, pour la plupart, ne reviennent pas), résonne étrangement après la découverte en mai, près du sommet de l'Everest, du cadavre du Britannique George Mallory. L'alpiniste a vraisemblablement fait une chute mortelle, alors qu'il descendait en 1924 du toit du monde (8.848 m). En juin dernier, la sud-africaine Cathy O'Dowd, première femme à avoir gravi l'Everest par les faces nord et sud, a raconté comment elle avait été contrainte de laisser Frankie Arsentev, une Américaine, mourante, sur la plus haute montagne du monde. Elle agonisait depuis deux jours et "était dans un trop mauvais état de santé pour que nous puissions lui être d'une aide quelconque", a raconté O'Dowd. Elle a donc poursuivi sa route et a aperçu quatre cadavres sur la voie menant au sommet nord de l'Everest. "Hugo a déjà vu plusieurs fois des morts, certains désarticulés par des chutes de plusieurs centaines de mètres (. . .). Ce qu'il voit maintenant, ce sont les visages parfaitement conservés" de membres de l'expédition de 1913. "Ils sont calmes. Ils sont beaux. . .", écrit Jouty dans cette fiction qui fouille l'âme de ces "conquérants de l'inutile".